Atelier Economie et Développement Durable d'Université 133 du 10 juin 2020

Chers amis démocrates,

Nous avons discuté durant la réunion de la Fédération des Français de l’Étranger du Modem du dimanche 14 juin de l’Atelier Economie et Développement Durable d'Université 133 du 10 juin :

L’expérience fut intéressante :

  • par son contenu,
  • par ces imprécisions, ces manques de structure qui en tant que militant du MoDem sont aussi les miens.

L’Atelier nous concerne et dit quelque chose sur ce que nous sommes.

En résumé :

Une première partie excellente :

Christophe Bellon & Olivia Leboyer rappellent l’histoire et les références philosophiques du centrisme.

Histoire du centrisme :

3ème république :
Etat libéral – l’état n’intervient pas en économie. (pas de ministère de l’économie)
Centrisme se caractérise par :

  • protectionnisme, spécialement pour l’agriculture.

Tout en restant libéral le centrisme accepte l’intervention de l’état :

  • nationalisation du réseau ferroviaire
  • politique fiscale avec la création de l’ impôt sur le revenu.

4ème république :
Les centristes sont les démocrates-chrétiens avec un focus gouvernemental sur :

  • le nouveau ministère de l’économie et des finances,
  • le ministère du plan.

5ème république :

  • Le Centre des Démocrates Sociaux avec pour objectifs :
    • Le développement de la personne, la recherche d’un meilleur emploi :
    • valorisation du travail manuel,
  • développement de l’artisanat et des petites et moyennes entreprises.
  • Diriger l’épargne vers les entreprises.
  • Politique décentralisée, pour un état Girondin avec un état qui ne peut pas tout et ou les territoires ont toute leur place.
  • Pour un « Libre échange ordonné. »

Aujourd’hui :

  • Les centristes sont des libéraux humanistes.
  • Les références philosophiques sont :
  • John Rawls et sa théorie de la justice,
  • Frédéric de La Mennais sur la décentralisation,
  • Le livre bleu « L’autre Solution » du Centre des Démocrates Sociaux.

Pour le coup, il manquait au moins la mention de l’écologie politique :

Pour rappel :

Adam Smith est au cœur de la philosophie libérale, déjà dans « la Richesse des Nations », il insiste sur le fait que les matières premières même abondantes ne sont pas gratuites :

Dans la Richesse des Nations, Adam Smith consacre un long chapitre à la rente de la terre (livre I, chapitre 114). Il distingue les produits qui fournissent toujours de quoi payer une rente (les produits agricoles en particulier), et les produits qui tantôt fournissent et tantôt ne fournissent pas de quoi payer une rente. Il consacre également un long chapitre aux colonies (livre IV, chapitre 7)5 qui, comme on le sait, ont permis aux nations européennes de bénéficier d'une grande abondance de matières premières. »

David Ricardo (1772-1823), un des économistes libéraux les plus influents, au début du XIXème, souligne l'existence des rendements décroissant :

« Principe de l’économie politique et de l’impôt. » « Il n'y a pas de rente au départ quand les pionniers arrivent dans une contrée fertile où la terre est abondante et que seule une portion congrue est nécessaire pour nourrir la population, ou d'ailleurs que seule une portion congrue peut être cultivée avec les capitaux dont dispose la population. En effet, personne n'est disposé à payer pour un bien en quantité abondante, non-approprié et, par conséquent, à la disposition de tout un chacun qui veut l'utiliser. (…) Si la terre était en quantité illimitée et de qualité identique partout, aucun fermage, aucun loyer ne pourrait être exigé pour son usage à moins qu'elle ne soit ni illimitée ni uniforme auquel cas, et sous la pression de la population croissante, les terres de qualité inférieure ou moins bien situées commencent à être exploitées. À mesure que la demande croît, les terres de qualité inférieure sont exploitées, une rente est immédiatement appliquée aux terres de bonne qualité et la valeur de cette rente est proportionnelle aux différences de rendement de ces deux portions de terrain. Quand une terre de qualité encore inférieure est mise en exploitation, une rente est immédiatement appliquée aux terres de la seconde qualité et celle-ci est également proportionnelle aux différences de productivité de ces deux terres. Par contre-coup, la rente des terres de qualité supérieure va elle aussi augmenter parce qu'elle doit être supérieure à celle de la terre de qualité intermédiaire du montant égal à la différence de quantité de capital et de travail (pour l'exploiter). Avec chaque accroissement de la population, qui contraint un pays à exploiter des terres de qualité inférieure afin d'augmenter la production alimentaire, la rente sur les terres fertiles va croître. »

D’autres parties étaient moins structurées, j’ai surtout retenu :

La désindustrialisation de la France :

C’était décrit comme une évidence mais pourtant « entre 1974 et 2007, le produit industriel français a doublé ».(http://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/comptes-rendus/cetransene/l15ce...)
Depuis 2006 la situation est différente. « Elle demeure inférieure de 7,0 % à son plus haut niveau atteint en 2007. » (https://www.insee.fr/fr/statistiques/3303612?sommaire=3353488)

La solution décrite est une démarche volontariste mais :

A mon sens :

  • La baisse de la production industrielle est due à une récession structurelles de notre économie.
  • La récession structurelle est liée à la raréfaction des ressources naturelles ce qui inclut les ressources en énergie.

Pourquoi je pense récession lorsque l’INSEE dit croissance molle ?

  • Dans son calcul du PIB, il y a la composante « variation des stocks » dont je ne nie pas l’intérêt de sa prise en compte dans un enivrement monétaire classique mais elle me pose problème lorsque la masse monétaire créée est décorrélée de la performance économique.
  • En effet je lis « les stocks sont y compris acquisitions nettes d'objets de valeurs ».
  • La même maison vendue 2 fois avec un bénéfice verra donc la somme des bénéfices ajoutées au PIB ? https://www.insee.fr/fr/statistiques/4501355?sommaire=4485040&q=pib li>
  • Si ma compréhension est la bonne, nous sommes à environ -0.5% de croissance par an depuis une décennie.

La priorité c’est la production d’énergie non carbonée c’est-à-dire :

  • le solaire qui serait produit dans les déserts du sud de la Méditerranée,
  • le nucléaire. (comme variable d’amortissement pour les 30 prochaines années.)

Pourquoi ?

  • pour notre économie car PIB et énergie sont corrélés,
  • pour notre environnement car la consommation d’énergie c’est 80% de la production de CO2,
  • pour que la production d’énergie ne soit pas en concurrence avec la production alimentaire.

La décentralisation :

« ne pas tout attendre de l’état mais ne pas être en conflit avec l’état. »
L’exemple donné c’était les masques achetés par la région Est parce que l’état ne pouvait pas les fournir.

A mon sens :
Il faut justement être en conflit avec l’état centralisé s’il n’est pas efficace.
Il s’agit de proposer un transfert de compétences aux régions.
Les domaines de compétences doivent être bien définis sinon le système augmente son entropie.

Dans l’idéal, j’imagine le domaine de l’état « confiné » aux :

  • Ministère des Armés
  • Ministère de l'Intérieur ;
  • Ministère de la Justice ;
  • Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères ;
  • Ministère de l'Économie et des Finances.
  • Ministère des Relations avec les collectivités territoriales.

Aux régions « historiques » :

  • l’agriculture,
  • l’éducation (incluant l’Enseignement supérieur),
  • la santé,
  • l’écologie.

Au Conseil de l’UE pourrait siéger par exemple :

  • le ministre des Relations avec les collectivités territoriales,
  • un représentant des régions.

Pour conclure:

L’Atelier met carte sur table.
Il met carte sur table car il met en évidence que nous ne travaillons pas beaucoup la doctrine et les idées.

Par exemple si le livre bleu du CDS est toujours repris et cité au MoDem, à l’UDI pour définir le centrisme c’est qu’il n’y a pas grand-chose d’autre. Le livre, très bon, fut imprimé en 1977!

Dans la même veine, il y a deux ans nous avions expliqué, en quelques lignes, sur le blog de la FFE pourquoi nous étions adhérant au MoDem. Si je cherche sur Google « adhérer au modem » nous sommes toujours référencé en 3ème position après avoir longtemps était en 1er ( http://www.ffe-modem.org/allemagne-europe-centrale/node/567) . Si nos quelques lignes sont bien référencées c’est surtout par l’absence de concurrence.

L’Université 133 veut y remédier. Il faut défricher.

Amitiés démocrates,

email: fabrice.tressard@ffe-modem.org